SILOPORTEM
Exposition du 25 février au 15 mars 2010
Les lundis et mercredis de 14.00 à 19.00
Vous avez créé, imaginé, découpé, plié, inventé, habillé votre "perso" selon votre inspiration.
Votre création a intégré la grande oeuvre collective Siloportem.
QUE D'EAU QUE D'EAUX
Exposition du 18 mars au 15 avril 2010
Les lundis et mercredis de 14.00 à 19.00
Ce que je photographie volontiers, c’est l’eau : ça bouge, ça n’a pas de forme stable, c’est vivant, ça n’a pas de fin.
Alors j’essaie de l’attraper, et c’est un sujet constant d’étonnement : observer comment cette réalité fuyante est représentée, les formes que se sont données ces reflets.
L’eau, parfois, on la croirait « peinte »...
Elle m’attire énormément, et depuis toujours. À quatre ans, j’observais avec ravissement les nettoyeuses rinçant à grande eau la salle de restaurant de l’hôtel familial : elles créaient une vague mince qu’elles poussaient de leur raclette, et se passaient de proche en proche, jusqu’à l’avaloir où disparaissait toute cette eau claire. Vint ensuite la tentative d’endiguer la mer avec des châteaux de sable. Mais le plus gros plaisir, c’étaient les barrages sur les petites rivières ! Plus tard, j’ai été fasciné d’apprendre que dans des laboratoires de génie hydraulique des gens construisaient de gigantesques maquettes d’estuaires, qu’ils remplissaient d’eau pour en étudier l’ensablement. Quoi, ces gens étaient payés pour jouer avec de l’eau ?
La plupart de mes photos sont prises au cours de voyages solitaires à bicyclette. Cette activité paisible engendre une disponibilité d’esprit propre à «laver» le regard. La réalité paraît alors neuve. En même temps, la curiosité est en état d’attention flottante, prête pour les signes.
Lors de mes balades, il n’est pas de fontaine, chute d’eau, retenue, déversoir, où je ne marque un temps d’arrêt. C’est ce que j’ambitionne de montrer, ces instants isolés, où l’eau, pour notre regard, se fige un moment... et n’en est que plus mystérieuse.
A cela s’ajoute l’opération photographique (argentique); ce qui sort du laboratoire n’est jamais tout à fait ce qu’on a perçu sur le terrain : on a cadré, on a isolé, la réalité a été apurée. Mais ce qu’on a perçu dans le viseur n’est plus pareil : les choses résistent à notre désir de contrôle. Alors, on a des déceptions, bien sûr, mais aussi des surprises heureuses. J’aime cet aléatoire, ce décalé, cette attente entre la prise de vue et l’examen du résultat.
Un mot encore, à propos des légendes : l’endroit et la date où la photo a été prise sont mentionnés. C’est pour montrer l’absence de trucage : on peut y aller voir soi-même. C’est magique, mais c’est réel.
Patrick WOUTERS