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atelier de danse créative, Marie Close



Ne pas plier

(*)

... mais rester souple

Jacques-Yves Le Docte, directeur



Pour ne pas renoncer, pour être aux aguets, pas dupe des miroirs piqués aux alouettes, relié au fil de l’enfance qui s’enfuit comme un ballon d’hélium.
Continuer à jouer, à inventer, à bouger, seul, avec les autres, à l’intérieur, à l’extérieur. Rester debout, voir au-delà des feuillages troubles, tendre l’oreille contre les murs de fumée, plus loin. Entendre ce que racontent “les autres” dans leurs charabias magiques et leurs curieuses démarches. Affirmer, discerner, s’amuser, se sentir bien, chez soi, avec eux, avec soi, chez eux. Nous et notre imaginaire, dans l’immensité monde.
Tout un art. C’est pour ça qu’à la Maison de la création, nous organisons ces ateliers et stages de musique, de théâtre, d’arts visuels, de danse et tous ces projets et événements au fil de l’année.
Soyez toutes et tous les bienvenus !

(*) nom inspirant, inspiré du collectif d’artistes et sociologues français “Ne Pas Plier” qui “voudrait rassembler tout ceux qui, pour exister, résistent aux discours dominants et puisent dans l'utopie un autre regard” (fax : 00 33 1 4672 42 54)





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Expo Eisbär Corée - septembre 2009



La création artistique n’est pas une chasse gardée

Jacques-Yves Le Docte, directeur

Elle est un champ d’exploration ouvert.
Simples ou complexes, les nouveaux langages se jouent des conventions, réinventent les idées préconçues, s’amusent des “tout” et des “n’importe quoi”.
Brassages fébriles, fourmillements tranquilles, sans cesse de nouvelles formes, de nouvelles associations d’objets ou d’images traversent l’espace, se posent à nos regards, à notre écoute, pour venir chatouiller, chahuter, questionner notre idée du monde, du vivant, de nous et des autres. chacun peut y mettre son grain de sel, de sable, sa couleur.
La Maison de La Création, ce sont des artistes super motivés et bourrés de talent qui vous transmettent leurs langages artistiques, partagent ce qu’ils cherchent, ce qu’ils savent. A vous, ensuite, de raconter vos histoires.
Par delà les barrières. à vous de créer votre langage !
Par delà les limites.




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Demain l'apocalypse, Cie BaGaLam, août 2009



Socio-artistique, le malentendu

Michael Woltèche, violoniste

Quel rôle l’art peut-il jouer dans le champ de l’intervention sociale?
Depuis des années en effet que je me suis trouvé impliqué dans des projets socio-artistiques, j’ai eu à maintes reprises l’occasion de constater une difficulté de compréhension mutuelle entre les artistes et les travailleurs sociaux, et parfois aussi avec le public. C’est donc une question qui à l’usage se révèle particulièrement complexe. Car je crois que les uns et les autres n’attendent pas toujours la même chose d’une intervention artistique.

Mais qu’est-ce donc qu’un artiste? Souvent, l’artiste est considéré comme fait d’un autre bois. Il vit en marge du monde, dans un univers imperméable aux réalités de la société et des individus qui la composent. C’est vrai, pour certains. En ce qui me concerne, et je suis loin d’être le seul, je cherche à travers la pratique artistique exactement le contraire : comprendre le monde dans lequel je vis, le questionner, le critiquer. Pour moi, l’art permet de comprendre en quoi un individu est différent des autres, en quoi il leur ressemble, et d’articuler ces deux aspects contradictoires de sa personnalité. L’art travaille sur l’exception et cherche à innover par rapport à une norme. Imaginez un scientifique qui reprendrait sans cesse les mêmes expériences sans les faire évoluer. Ce serait pour le moins bizarre. Eh bien, c’est la même chose pour l’art.

Je crois que la pratique artistique peut jouer un rôle déterminant dans la construction de l’individu. Je puise une part très importante de mon énergie vitale dans l’art, aussi bien en me plongeant dans les inépuisables trésors reçus en héritage d’êtres humains qui, depuis qu’on parle d’humanité, ont consacré leurs vies à créer, qu’en inventant moi-même. L’art n’est pas pour moi un passe-temps, une couche que je rajoute pour m’adoucir la vie. Il n’est pas toujours facile et agréable, il me pose de sacrés problèmes. Mais il me force à me poser des questions sur moi-même et sur le monde dans lequel je vis.

Ce rapport à l’art n’est pas l’apanage de professionnels enfermés dans une tour d’ivoire : j’ai connu bien des musiciens pour qui la musique n’était qu’un métier comme un autre et à l’inverse de “simples” mélomanes dont la musique était l’oxygène qui les faisait vivre.

Dans le contexte de quartiers défavorisés où les personnes se sentent mises à l’écart et refusées par la société, je pense que le regard de l’artiste, qui dans sa recherche personnelle est souvent considéré comme un marginal, apporte une logique, une pensée, un souffle, surprenants. Il peut donner une chance nouvelle à ceux qui ont du mal à s’exprimer, ou dont la parole est étouffée, de prendre la place à laquelle ils ont droit.

Comme je l’ai dit plus haut, l’art travaille la marge. Mais notre public a parfois du mal à se laisser emmener hors des sentiers battus. Notre environnement culturel tend à nous marquer au fer rouge de la norme d’aujourd’hui, et nous incite à nous satisfaire du plus banal, Dans le métro et ailleurs ce sont les canons H&M qui règnent sans partage. Courage, ne nous laissons pas faire ! Artiste, travailleurs sociaux, échangeons les idées, et donnons à notre public le droit de s’approprier un milliard de trésors façonnés par ce que l’homme a de meilleur. Ces trésors appartiennent à tous. Car voulons-nous qu’une petite élite ait droit au meilleur (et se marre), alors que les autres – notre public ! – croupissent dans une culture de toc vomie par la télé et dominée par une logique mercantile?

Je voudrais dire enfin que dans ce tavail je trouve mon compte. Loin d’être à sens unique, c’est avant tout un échange humain. Il m’offre un formidable enrichissement personnel, une qualité de relations humaines, des personnes qui en veulent et arrivent souvent à livrer une part d’elles-mêmes puissante et vraie, et qui me donnent une leçon d’authenticité. Une telle force, lorsqu’elle se livre, récompense de tous les efforts !